Premiere aventure de Johnmyte
Ami lecteur, jadis dans un lointain forum, nommé Eckmuhl du nom du puissant donjon qui le surplombe, des internautes hallucinés prirent la plume pour à tour de role, qui une phrase ou plus narrer l'histoire que voici.
Chaque intervenant laissait un mot en gras que le suivant devait impérativement reprendre dans sa prose ..et ainsi de suite...nous furent nombreux à y participer..en voici l'histoire...
Le forum a helas depuis été détourné par des hackeurs...mais l'histoire de Johnmyte sauvegardée...bonne lecture
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Johnmyte arrêta sa Harley. Et il disparut dans un nuage de poussière chercher du gazoline pour son shopper. Il marcha d'un pas alerte vers le drugstore où un ridicule panneau fait de bric et de broc, annonçait "Limonade à toute heure".Il poussa la porte et demanda d'une voix fluette,"les inscriptions pour le concours de tir à l'arc" c'est bien ici?
Le patron du drugstore, un sourire glacial de mangeur de cassoulet sur les lèvres (il était originaire de Toulouse), regarda Johnmyte dans le blanc des yeux et lui dit: tu vois pas que j'regarde Yvan Le Bolloch ?
Prends une chaise, assieds toi et surtout ferme là... C'en était trop pour notre héros, un feu d'artifice s'alluma dans son cerveau déjà bien illuminé et, saisissant le bistrotier par le bras lui dit :
- Je cherche mon ami, Renault Fuego, dit Ren'le feu... A ce nom le visage du mangeur de cassoulet verdit.
- Ren' le feu, allias René le tatoué, plus connu sous le nom de René Graffiti, l'homme au 50 tatouages ! s’écria-t'il.
- Exact my dear, alors où se cache ce vieux forban et ne me fais pas croire qu'il a enfilé ses pantoufles pour prendre sa retraite dans ce coin miteux...
Johnmyte savait qu'un jour il retrouverait la trace de Renault FUEGO, son ennemi juré, celui-là même qui l'avait humilié au dernier concours de tir à l'arc, le Elvis Presley Trophée.
- La dernière fois que je l'ai vu, il faisait de la trottinette derrière le phare d'Eckmühl. Répondit le mangeur de Cassoulet.
- Trottinette? T’appelles une mob’ de 54 avec double piston en Z une trottinette! Tu sais que Cléopâtre en a fait jeter aux crocodiles pour moins que cela ? dit Johnmyte d'une voix toujours aussi aigrelette mais furibonde. Rendu fou par les propos du mangeur de cassoulet, il le saisit à la gorge et lui cracha à la figure l'équivalent en postillons d'un paquet de chips Flodor grand format.
- Ne répète jamais un truc comme ça sur une mob’ de 54 ! Sinon ton horoscope des jours à venir pourrait tourner façon avis mortuaire si tu vois de quoi j'cause.
Tu feras savoir à Ren'le feu, que je serai au concours, d'ici là que nos chemins ne se croisent pas ! Y vaut mieux....
Sur ces mots Johnmyte quitta le toulousain, en route pour le concours de tir à l'arc. Dans la rue un cirque ambulant, le cirque Kilucru, faisait un raffut du tonnerre.
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Il retrouva sa Harley là où il l'avait laissée. Empruntant le périphérique nord à vive allure, trop vite, sans doute, car il ne vit pas le lapin surgir à sa gauche !
Un ultime réflexe pour tenter de l'éviter, et la Harley partit dans une longue glissade. Johnmyte alla heurter de la tête un imposant cactus situé au bord de la route.
Une sorte de pâte laiteuse, remplie de grumeau, comme de la pâte à crêpe loupée, voilà a quoi ressemblait l'esprit de Johnmyte lorsqu'il revint à lui.
Des images du passé se précipitaient dans sa tête. Toutes ces heures qu'il passait, enfant, au water-closet, attaché à la cuvette des chiottes par un beau-père alcoolique et stupide. De quoi se forger le caractère ....
Un filet de sang vite essuyé sur le visage, quelques épines vite ôtées (saleté de cactus) le rude Johnmyte se dirigea vers sa Harley, il avait quand même un peu l'impression de tricoter des jambes, impression accrue lorsqu'il constata les dégâts de sa bécane.
Sa Bécane, sa Harley, sa Vie quoi ! Jamais il n'avait kiffé comme ça pour une fille, mais sa bécane .... Le jour où il avait croisé sa route, il avait tout de suite compris qu'entre lui et elle c'était pour la vie.
Elle, sa bécane, l'attendait exposée dans ce vieux garage entre deux ou trois carcasses de voitures. Aussi lorsqu'un beau matin de décembre son dab' cassa sa pipe, ho il ne le pleura pas le vieux tyran, il se dépêcha de vendre le tracteur, seul bien qui lui revenait. C'était un bon modèle et l'annonce qu'il fit paraître " vends tracteur MASSEY FERGUSON 3680 - 180 CV - Année 1988 - 5300 heures Pneus avant 16.9x28 40% usure Pneus arrière 580/70 x38 30% usure - Clim. ." trouva vite un acheteur et il obtint un bon prix. Et joie suprême, par là même la Harley de ses rêves.
Johnmyte contempla un long moment sa Harley. Pas trop de dégâts, se dit-il. Le réservoir avait un peu morflé, mais on pouvait toujours admirer le superbe logo du fan club d'Elvis AVIS (un lézard vert pomme sur un fond jaune d'oeuf).
Il démarra dans un nuage de poussière, sans un regard pour le cadavre agonisant du lapin, fredonnant "On the road again" en route pour le concours de tir à l'arc.
La sortie du periph' était illuminée par les enseignes des motels. Tous se disant plus confortables et moins chers que les autres. Johnmyte éprouvait le besoin de se débarbouiller et aussi de prendre un peu de repos avant la rencontre de demain. Il' s'arrêta au "Doris". Là derrière la caisse la patronne, une fluette personne, lui loua une chambre pour la nuit. Comme celle-ci lui demandait s'il désirait manger, Johnmyte commanda un steak d'Hippopotame, spécialité locale.
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La nuit tombait sur "le Doris". Une petit lumière bleutée filtrait à la fenêtre de la chambre 13: Johnmyte, allongé sur le lit lisait tranquillement un roman qui avait eu le prix du Goéland Masqué - Un festival de polar du bout du monde. Il se préparait mentalement pour le concours de tir à l'arc et surtout pour la rencontre avec son vieil ennemi juré : René Fuego.
Fuego, s’il ne tenait qu'à lui, n'hésiterait pas à lui tendre un traquenard, l’assommer, le ligoter et enfin l'installer dans une catapulte. Et zou, direction au plus profond de l'océan.
Mais avait-il vraiment une âme de meurtrier? C’est sur cette question que le sommeil enfin l'emporta.
Minuit ... Johnmyte se réveilla d'un bond. Il sortit de son rêve en un éclair (une histoire de golfeuse et de vieux libidineux). Saisit son 357 magnum et se posta près de la fenêtre, caché à la vue de l'extérieur, mais visualisant bien la petite place où divaguaient encore quelques goélands en mal de solitude.
Et qui se trouvait là, sur la place en compagnie des goélands, tentant de remettre en place l'enjoliveur de sa Fuego orange ?
Ren'le feu. Lui-même et son acolyte Jimmy Bémol ....
Même avec une arme et un minimum d'effet de surprise, il était vain
d'essayer de neutraliser les deux hommes. Si Jimmy Bémol un peu simplet paraissait pacifique, il était au contraire redoutable. Ancien bûcheron à la longue barbe blanche, quand il n'était pas sur un mauvais coup en cette période de l'année il revêtait la tenue de Père Noël et cachetonnait pour différentes enseignes et le froid n'avait pas de prise sur lui.
Johnmyte cogitait à 100 à l'heure, comment Ren'le feu avait retrouvé sa trace .... Pourquoi Jimmy Bémol l'accompagnait .... Et pourquoi on ne peut pas lécher son coude (Quand il réfléchissait trop intensément, son esprit avait tendance à déraper) .... Et pourquoi je viens de me jeter à terre ... ça Johnmyte - lui dit sa petite voix intérieure - C'es parce que tu viens d'entendre une détonation à l'étage supérieur.
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En tout cas la déflagration ne venait pas de la place où il avait aperçu les deux truands, se relevant il constata d'ailleurs que celle-ci était à présent déserte.
Avec précaution il descendit, tout était désert. A l'accueil la tête reposant sur le calendrier, la patronne semblait se reposer, mais d'un repos éternel, un petit trou fumant au milieu du front.
Sur le toit de la maison d'en face, il aperçut une silhouette, un fusil à lunette à la main, qui escaladait la cheminée comme un funambule.
- Merde, s'écria Johnmyte
- Merde, s'écria Ren' le feu
- Merde s'écria Bémol (un demi-ton en dessous)
Et d'une même voix, les trois ennemis de s'écrier : "Le Père Noël"
Pendant ce court instant, les trois lascars hébétés, ne pouvaient que contempler la silhouette agile, qui sans jamais lâcher son arme, bondissait de toit en toit, franchissant parfois avec aplomb le vide qui séparait deux blocs l'un de l'autre.
Pour Johnmyte, cette étrange vision lui rappelait un dessin animé de son enfance, les Aristochats, une histoire de félins. Il s'en souvenait d'autant mieux que rares étaient les occasions où on lui permettait de se divertir.
Mais passé cet instant de stupeur, son regard perçant, (il avait vécu de long mois dans le désert), s'attacha à l'ombre là-bas.
Un étrange sentiment, une impression....oui il venait de comprendre ce qui le dérangeait, cette légèreté, cette souplesse plus une aura même lointaine....oui cette silhouette il en aurait mis sa main au feu était celle d'une femme. Et pas n'importe quelle femme. Il l'avait reconnu à son allure féline: Monica Eckmuhllini, arrière petite fille du Maréchal Davout. Vous savez la fille de la pub pour la Ferrari Testarrosa. A ses heures perdues elle travaillait aussi pour le gang des Lillois. Johnmyte avait déjà eu affaire à elle par le passé. - (ndl: Voir Johnmyte contre docteur Yes - Eckmuhl Edition N° 22)
Si elle était là sur les toits à courir, un fusil à lunette à la main, un cadavre à la clé, c'était pas pour faire de la figuration ....
Johnmyte réfléchissait à toute vitesse : Monica Eckmuhlini déguisée en Père Noël, snipper de patronne de rade, Ren'le feu et Jimmy Bémol à ses trousses ....
- Mais c'est quoi ce bordel! lui souffla sa petite voix intérieure.
Une chose est certaine le coin devient malsain, trouve toi un coin peinard, où tu puisses faire le point, conclut-il.
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Il récupéra sa bécane sans souci et une demi-heure plus tard et aussi à bonne distance du macchabée du "Doris", Johnmyte réfléchissait.
Il se trouvait sur les quais, dans un bar de nuit installé au sous-sol d'une poissonnerie.
Un bar off-shore, sans existence légale mais connu des oiseaux de nuits mais aussi de ceux qui voulaient se faire oublier.
La serveuse, une grande blonde filasse, lui apporta un demi litre de café ainsi qu'une énorme part de tarte à la myrtille.
Bien deux voyous de la pire espèce,un concours de tir à l'arc,une patronne
d'hôtel(refroidie),une spécialiste du contrat,voila les éléments dont il disposait.
Un peu léger, se dit-il, mais demain j'en saurai peut-être un peu plus. A commencer par la presse. La police ne manquerait pas de venir fouiller dans tout cela. Sauf si le cadavre disparaissait, peu de chance.
Une seconde serveuse lui remit une clef, le sous-sol était truffé de minuscules chambres, en fait un pieu et une chaise. Le tout pour le prix d'une vraie suite princière mais tranquillité et discrétion assurées.
La chambre était très crade, mais il en fallait plus pour dégoûter un héros fatigué. Le précédent locataire avait laissé des revues traîner sous le lit. Il s'arrêta sur "Killers magazine". L'hebdo traitait des dernières "rencontres pluridisciplinaires du crime". Elles avaient eu lieu à Vice-city. D'ailleurs la page centrale proposait un poster, format affiche, du vainqueur, catégorie tueurs à gages : Alexis Tronade.
Johnmyte s'endormit très tard, mais se réveilla tôt, bien décidé à affronter de face les événements, comme les ennemis, qui se présenteraient a lui.
La première chose que fit Johnmyte, fut de se rendre dans une agence de location. Il laissait la Harley à l'entrepôt, qui sait qui l'avait repérée la veille.
Il loua une petite voiture discrète, puis acheta la presse ainsi que deux paquets de Pokemon sans filtre. Installé derrière le volant du véhicule, une clope au bec, il parcourait avidement la une. Si l'on faisait bien allusion à la découverte par une femme de chambre du corps de sa patronne, les détails étaient brefs. Projectile de petit calibre, et enfin aucun témoin ne s'était manifesté jusqu'à présent. Par contre la police recherchait, et c'était surprenant, le registre de l'hôtel.
"Incroyable "se dit Johnmyte"il y avait au moins une personne supplémentaire, celle-là même qui avait fait disparaître le registre"
-cette affaire devient de plus en plus dingue! Allons discrètement refaire un tour dans les parages, voir ce qu'il en est en plein jour.
La petite voiture démarra silencieusement.
Sur place régnait un calme olympien. La présence de la fourgonnette de la gendarmerie n'avait pas déplacé les foules, à peine trois ou quatre vieilles commères en attente de nouvelles.
- Çui-la c'est le fils de Roger Rémiade, tu sais le champion de Karaoké dit l'une d'elles en désignant un gendarme à sa voisine.
Un peu plus loin, une gendarmette, prénommée Imogène (Johnmyte l'apprit grâce à la Thierry Roland du faits divers) sortait de derrière un buisson, un livre à la main.
-Je l'ai, mon Adjudant, le registre !
Johnmyte prêta l'oreille, mais surtout il observait soigneusement les lèvres du gendarme, et ce qu'il lit sur celles-ci le rassura. Rien… Les pages des trois jours précédents avaient été arrachées.
Lire sur les lèvres, c’est un ancien forçat qui le lui avait appris.
Bon il n'en saurait pas davantage, mais pourquoi trois jours, quelqu’un avait séjourné ici plusieurs jours et n'avait pas la conscience tranquille.
Une petite enquête de voisinage s'imposait.
Il commença par le bar le plus proche, le chat loupe.
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Un vieux bouge, perdu au fond d'une ruelle étroite. Johnmyte fit son entrée dans un silence de cathédrale. Il scruta la salle de son oeil de lynx et s'arrêta sur une table du fond, où un jeune blondinet s'escrimait à écrire sur un bloc. Johnmyte lui fit un signe de la tête pointant vers la chaise libre en face du jeune homme.
- Oui, pas de problème .... J'écris un article sur le meurtre. Je suis journaliste ... et photographe. Dit-il, comme pour justifier la présence du canon posé sur la table.
- et tu travailles pour un canard du coin? demanda Johnmyte.
- Moi, oh non, je suis de Marseille, un pays à Barthez mais j'espère être meilleur que lui dans ma partie, dit-il dans un sourire.
- Marseille mais c'est loin, tu n'as pas fait le voyage pour un simple fait divers ?
- Oh, non je suis sur place depuis plusieurs jours déjà. On m'a chargé d'écrire un article, photos à l'appui, sur le concours annuel de tir à l'arc.
C'est que cette année le musée national prête l'arc et le bouclier ayant appartenu à Vercingétorix. Le concours ayant lieu dans les jardins du casino, les deux pièces y seront exposées.
Et cela devrait attirer pas mal de monde.
Ainsi que tous les rapaces des alentours et même plus loin se dit Johnmyte.
Le petit journaliste avait la langue bien pendue, tant mieux et normal pour un habitant de la cité phocéenne. Johnmyte était content, grâce au petit journaliste sympathique, il avait enfin appris du nouveau. Mais il lui mit quand même une mandale, car il avait mal parlé du divin chauve !
Les explications que Johnmyte cherchait, il les eut plus tard dans la soirée, complètement par hasard dans les chiottes, pas très nettes, d'un autre troquet.
Poursuivant son enquête, il avait erré toute la journée de bistrot en bistrot et, sur les coups de 18h00, assis sur un tabouret, une sacrée envie de pisser lui avait tordu le ventre. Faut dire qu'il en avait éclusé des jus de houblon toute la journée. Bref, poussant la porte des toilettes, il tomba nez à nez avec un Jimmy Bémol dans un sale état. Il s'était battu avec Ren'le feu. Après l'avoir un peu secoué à la manière Johnmyte, le Jimmy lui balança tout ce qu'il savait.
Ren le feu l'avait recruté pour lui donner un coup de main pour retrouver la trace de Johnmyte, mais très vite ils s'étaient aperçus qu'ils n'étaient pas seul dans le sillage de notre héros. Monica Eckmuhllini aussi filait le train à Johnmyte et c'est cette dernière qui, de son toit, avait repéré un drôle de lascar qui s'apprêtait à régler son compte, avec la complicité de la patronne, à notre héros.
Maurice Devaux qu'il s'appelait. Il séjournait depuis trois jours dans l'hôtel, quand il avait vu débarquer Johnmyte. Persuadé que ce dernier voulait le doubler. Il était là pour préparer un coup, et quel coup: Le vol de l'arc et du bouclier ayant appartenu à Vercingétorix. Il avait paniqué, commençant par effacer les traces de son passage en arrachant les feuillets du registre de l'hôtel, puis il buta la tenancière et était décidé à descendre Johnmyte, mais Monica Eckmuhllini était intervenue à temps. Elle l'avait envoyé voir le diable de plus près et fait disparaître le corps dans le béton d'un chantier voisin.
- Merde, pensa Johnmyte....Mais pourquoi elle me protège ?
Sur ce, il s'en alla chercher un déguisement, car il avait une idée derrière la tête ....
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Tard dans la soirée Johnmyte toujours au volant du quatre roues de location (dur pour un biker enragé) se dirigea vers le casino de la principauté de la presqu’île de la pointe de la torche.
Il avait pour ce faire revêtu le déguisement de pingouin, condition pour espérer franchir les portes de ce lieu huppé.
Le jour de la compète les contrôles seraient stricts mais d'un autre genre,
là on vous demandait surtout de justifier un look à pouvoir claquer suffisamment d'artiche...ainsi pensait Johnmyte tandis que le gros malabar à l'entrée le scrutait des pieds à la tête sans perdre le sourire.
Il ne tarda pas à trouver ce qu'il cherchait: La belle Monica Eckmuhllini, emballée dans une robe fuseau noire, si collée à sa peau qu'on n’y aurait pas glissé un billet de 50 €. Elle était assise à la table de black-jack, le regard du croupier vrillé dans son décolleté.
- Ahrrrr, pensa Johnmyte, pas insensible au charme de la belle italienne.
Il se glissa discrètement derrière elle
- Un tête à tête au restaurant, ça vous dirait, jolie Monica ....
Sans la moindre surprise, sans même détourner son regard de la table de jeu. « Dès que j'aurai dépensé suffisamment d'argent, cela me met en appétit, tous mes appétits » répondit-elle fixant toujours le croupier.
- Je vous attends au bar et méfiez vous ce pauvre meneur de jeu risque l'apoplexie.
Au bar Johnmyte commanda une bouteille de champagne, ici tout était au même prix de toutes façons, et Miss Monica avait des exigences.
Il en savait pas mal sur elle, fille d'un officier militaire breton et d'une mère issue d'une riche famille de l'industrie textile lilloise, la vie oisive l'avait vite conduite à la révolte puis au grand banditisme.
Mais elle possédait une classe certaine, dans son travail une vraie pro et dans la vie une riche rebelle solitaire.
Il appela le garçon et réserva une table en précisant :
- Nous mangerons des langoustines
- Bien monsieur, et puis je lui conseiller le gratin d'huîtres au petit breton flambé au chouchen, notre spécialité monsieur...
- Comme tu voudras lui répondit Johnmyte agacé par les manières du loufiat
Celui-ci s'éloigna outré.
Enfin seul, Johnmyte en profita pour dresser mentalement un rapide état des lieux. Au centre de la salle, ceinturé par des banderoles, l'endroit où seraient exposées les armes du chef gaulois. Il y aurait un système de sécurité mais pour l'instant la place était nette.
Il interrompit ses pensées car Monica le rejoignait. D'un signe de tête il lui indiqua la direction de leur table et, la suivant de près, il ne put s'empêcher de pincer fortement un morceau de chair nue. Oh, ils avaient de vieux comptes à régler tous les deux.
Une fois attablés, Johnmyte renvoya le serveur en ces termes :
- Remballe ton dictionnaire culinaire, nous savons déjà ce que nous prendrons.
Puis s'adressant à Monica :
- Maintenant, tu vas me raconter une jolie histoire, qui commence par « il était une fois Monica qui suivait Johnmyte » et essaie pas de me faire danser le tango !
- Saurais-tu le danser au moins ? Et je te trouve bien ingrat vis-à-vis de quelqu'un qui t'a peut-être sauvé la vie, non ?
- Oui mais pas naïf au point de croire que c'était totalement gratuit. Alors quel sera le prix à payer, et surtout pour qui travailles-tu sur ce coup-ci?
- Mirabelle Alodevi, ce nom te dit-il quelque chose? Non j'en suis certaine. En fait une nouvelle des plus grosses fortunes de l'ex-URSS, de nombreux liens avec la mafia russe mais surtout une collectionneuse acharnée; c’est presque maladif chez elle.
- Et tu bosses pour elle? Mais le vol de grande classe ce n’est pas trop ton rayon pourtant ?
- Le mien non.....Mais le tien...Ou plutôt l'arnaque, voler le voleur c'est pas dans tes cordes peut-être ?
- Attends, qu'est-ce que tu veux me dire ? On va piéger les deux blaireaux (Johnmyte faisait allusion à Ren'le feu et Jimmy Bémol) une fois qu'ils auront subtilisé la quincaillerie de Vercingétorix, parce que c'est pour ça qu'ils sont là ces deux là, non?
- 20/20 chéri .... Tu comprends vite toi, lui dit-elle tout en déposant sur la table une grosse enveloppe remplie de biftons - 20 barres au bas mot, selon la rapide estimation de Johnmyte, qui avait l'oeil pour ça - Tu fais ton championnat de tir à l'arc, comme si de rien n'était. Pour le reste je t'explique.
Johnmyte essaya d'en savoir un peu plus, mais autant pisser dans un violon, la belle Monica ne voulut rien ajouter.
L’animation aux tables du casino battait son plein. Outre les habitués, les employés et les ingénieurs qui travaillaient sur les plates-formes offshore au large de la presqu’île venaient ici claquer une bonne partie de leur salaire.
Johnmyte s'endormit très tard ce soir là. La nuit passée avec la belle Monica avait laissé des traces. Ses poignets portaient encore les traces de la cordelette avec laquelle la divine Eckmuhllini l'avait attaché au lit ....
Inconscient, pensez-vous le beau Johnmyte. Non, pas tout à fait car habilement glissée entre ses doigts, une lame de rasoir lui permettrait de recouvrer l'usage de ses mains en un instant.
Mais il avait largement reçu en échange de ce petit caprice. Il ouvrit la fenêtre qui donnait sur le large, il pouvait entendre les plaintes lascives des odontocètes, pour eux aussi la saison des amours commençait.
Il glissa un cd de Ghinzu dans le lecteur portable qu'il ne manquait jamais d'apporter avec lui. Ghinzu: le nom de ce groupe Belge vient d'une marque de couteaux prétendument japonais (dont le slogan est: "plus on coupe, plus ils s'aiguisent") vendus au télé-achat US dans les années 70.
Ainsi posté à sa fenêtre il pouvait entendre un ange passer. La mer grondait légèrement au loin, Johnmyte se sentait bien.
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Tout à coup on frappa à la porte. Il jeta un coup d'oeil rapide sur sa montre - 6H00 - saisit son pétard, planqué sous l'oreiller et se dirigea lentement vers la porte.
Johnmyte se tenait prêt. On frappa à nouveau à la porte, un peu plus fort, suivi d'un :
- Police, ouvrez ! Commissaire Obélix !
Commissaire Obélix, tu parles d'un nom! Et son adjoint il s'appelle Astérix ? Pensa Johnmyte en allant ouvrir la porte au commissaire. Et quelle ne fut pas sa surprise de découvrir ce dernier un bouquet de tulipes à la main !
- Bonjour, Johnmyte ! Je suis le commissaire Obélix.
Il tendit une grosse main moite. Il avait une voix de chanteuse de fado et ressemblait trait pour trait à son homonyme porteur de menhir
- Vous vous souvenez du Manureva, vous savez ce bateau disparu. Et bien, bientôt se sera votre tour de disparaître Johnmyte !
- ?? Interloqué Johnmyte ne savait que répondre
- Et on chantera "Où es-tu, es-tu Johnmyte"
Johnmyte eut l'impression d'entendre la musique d'"Il était une fois dans l'Ouest" résonner dans sa tête. Maudit joueur d'harmonica ! Les souvenirs de la nuit passée, l'omniprésent pincement souvenir des cordelettes... Il n'arrivait plus à rassembler ses idées. Disparaître ? Mais pourquoi ? Et pourquoi l'amateur de fleurs venait-il lui annoncer cette nouvelle ? Il fallait trouver une réponse et vite... Surtout ne pas se laisser décontenancer...
- Ok, commissaire Abraracourcix
- Obélix, coupa le pseudo porteur de menhir
- Ok, maintenant vous arrêtez de bouger et vous m'expliquez : 1. Comment vous me connaissez et 2. Pourquoi vais-je disparaître Panoramix. Tu vas sortir une fiole de potion magique !
- Obélix!
- Maintenant tu t'assois et tu écoutes, lui répondit le commissaire.
Johnmyte s'exécuta calmement, un peu impressionné par le personnage.
- Bon voilà. Depuis un an on piste un gros truand espagnol du nom de Soupalognonycrouton. Il projette de dérober les armes de Vercingétorix depuis de long mois. Aujourd'hui, avec ce concours de tir à l'arc, il a enfin l'occasion de réaliser son rêve et tes amis Ren'le feu, dit René Fuego et Jimmy Bémol, sont "son bras armé". Monica Eckmuhllini on ne comprend pas encore ce qu'elle fait dans cette histoire, mais on trouvera. Alors toi, tu vas le gagner ce concours, car c'est le gagnant qui porte les armes de Vercingétorix pour la remise des prix et hors de question que René Fuego mette ses sales pattes là-dessus.
Le plan du commissaire était simple. Johnmyte gagnait le concours de tir à l'arc pour empêcher Ren’ le feu de toucher à la quincaillerie de Vercingétorix. Pour la cérémonie de la remise des prix, ont lui filerait les armes de Vercingétorix et il devait disparaître avec, sous l'oeil bienveillant d'Obélix !
- Voyant qu’ils se sont fait doubler, les autres prétendants au vol, rentreront chez eux, leur menhir sous le bras. Mais pas d'arnaque, sur ce coup ma hiérarchie ne me couvre pas. Tu pars avec le trésor et tu me le ramènes le lendemain.
- Et pourquoi je vous rendrais ce service, commissaire Ordralfabétix
- Obélix, hurla le commissaire ..... Je vais te dire pourquoi tu vas faire exactement ce que je te demanderai…
- Tu vas faire ce que je te demande parce que c'est dans ton intérêt. Je crois qu'il y a quelque chose dans ton passé que tu souhaiterais faire oublier... Tu n'as pas toujours été le Johnmyte actuel, n'est ce pas ?
- 9
Johnmyte resta bouche bée. Rattrapé par son passé certes... Mais lequel ?
Le vol de mirabelles dans le jardin de la voisine quand il avait 8 ans ? Sa déclaration d'impôts frauduleuse de l'année 2001 ?
Non en fait il savait très bien de quoi Obélix voulait parler. C'était cette vieille affaire qui ressurgissait. Une fois encore, alors qu'il aurait tant voulu l'oublier...
Dix ans après il s'en souvenait encore comme si c'était hier...
Un soir, rentrant tard chez lui d'un réunion du moto-club local dans le quartier de la gare où il avait pas mal picolé, il s'était étalé de tout son long sur le canapé et machinalement avait pressé le bouton d'une télécommande traînant par terre. Il croyait mettre en marche sa chaîne stéréo dans laquelle ronronnait déjà le dernier Dionysos. Mais au lieu de la voix de Mathias MALZIEU, le little big man sauce Brautigan, c'est celle du dénommé Sel-D'Argoat, présentateur vedette du journal de TF1, qu'il entendit. Il vit, horrifié, qu'il avait allumé la télé au lieu de la chaîne stéréo !
Il s'était aussitôt précipité sur la boite à images pour éteindre, mais trop tard, cette chaîne avait la particularité de référencer (nom, adresse et téléphone) toutes personnes se connectant sur leurs programmes et de stocker les informations dans leur gigantesque ordinateur, géré par l'ignoble Patrick Le Lay Ribot
- c'est ainsi que machinalement sa main était passée sous le canapé, avait saisi une antique et énorme pétoire, on aurait un pistolet intergalactique surgi de la guerre des étoiles, et dans un geste rageur en avait vidé le chargeur en direction de l'écran.
Le poste, mais aussi tout ce qui se trouvait alentour fut réduit en miettes. Une fumée épaisse commençait à envahir le logement, les premières flammes apparurent.
Sa maison était réduite en fumée .... Les pompiers, les flics, les voisins paniqués, les gamins en pleurs. Il avait eu juste le temps de sauver deux trois affaires importantes. Un livre de Brautigan, quelques cd (Dionysos, Ghinzu, et quelques autres ...) Un marteau, son arc, un pot de Nutella de 5 kilos et des aiguilles (Il adorait tricoter). Il avait enfourché sa vieille Harley et depuis naviguait à vue.
Mais ces enfoirés avaient son nom dans leur fichier et depuis tout le monde savait que Johnmyte avait regardé TF1
Il se souvenait de ce moment comme si c'était hier. Surtout le marteau. Il était rouge. Il l'avait toujours d'ailleurs... Il ne comprenait même pas comment il avait pu se tromper à ce point. Allumer TF1 ! Impardonnable ! Une erreur de débutant et qui le poursuivait. En général il laissait la programmation de la télé sur la 2. Ce qui lui avait valu de bien bons moments en écoutant des chanteurs lui seriner "y a d'la joie" en pastichant Trenet... Une histoire de chance à quelque chose...
De la chance oui ! C'est exactement ce qu'il allait lui falloir. L'autre amateur de tulipes au nom gaulois n'allait pas le laisser filer comme ça...
- Bon, t'as compris Johnmyte. T'es fiché par TF1, on t'a à notre merci. Alors maintenant tu vas le gagner ce concours de tir à l'arc. Une fois qu'on t’a filé les armes du grand guerrier, tu te casses le plus vite possible. Rendez-vous à l'hôtel du Goéland Borgne. Je t'attendrai là-bas. Et méfie-toi, mes hommes te surveilleront !
- Mais commissaire Cetautomatix, ....
- Ta gueule Johnmyte !
Visiblement, le commissaire ne lui laisserait pas en placer une. Quel con, il commençait déjà à imaginer une jolie tombe pour le gros commissaire, avec pour épitaphe ces quelques mots "Ci-gît un porteur de Menhir".
Bon la belle Monica aurait un rôle plus important que prévu, et peut-être comme intermédiaire auprès des mafieux russes, ces buveurs d'alcool de pommes de terre. Elle pourrait les faire peser de tout leur poids pour effacer toute trace du passage de Johnmyte dans leur fichier.
Les ruskofs avaient de très bons experts informatiques.
10
Jonhmyte n'en pouvait plus de supporter ce gros phoque dégoulinant :
-Ta gueule Idéfix!
Plongeant sous son lit, il se saisit d'une sulfateuse (un vieux modèle Thompson datant de la seconde guerre mondiale).
Se retournant vers le commissaire :
- Maintenant c'est moi qui pose les conditions Tragicomix !
- Primo : je bosse pas gratos, ça va te coûter un max. Je veux 200 000 balles (Johnmyte, comme Bob Marley parlait toujours en Francs quand il était question d'affaires)
- Secundo: je veux avoir les coudées franches. Alors il est hors de question que je voie un seul de tes hommes collé à mes basques. Je te préviens, je me méfierai de tout le monde. Et si jamais mon pharmacien ou mon épicier n'ont pas la même tête que d'habitude, je saurai à qui j'ai affaire et j'agirai en conséquence. Si tu veux que tout foire, tu me fais suivre... Compris PICADDILIX ?
Le commissaire OBELIX soupira et jeta nerveusement : "et ça sera tout ? Faut pas non plus que je m'engage à te couvrir en cas de problème ?"
"Oh non c'est pas tout", reprit Johnmyte goguenard... Le meilleur arrive :
Tertio : comme je te le disais Monosyllabix, Je suis pas seul sur ce coup.
- T'es pas seul ? répondit Obélix, la voix déjà moins assurée, On est souvent mal à l'aise sous le regard d'une mitraillette. Un peu comme un pharmacien devant l'épidémie de grippe qui tarde à arriver.
- Non, je suis pas seul. Monica Eckmuhllini, ça te dit quelque chose ?
- Quoi, cette allumeuse à la solde des ruskofs !
- Tu parles mal là, Petitélégrafix. Change ton vocabulaire, si tu veux arriver à la retraite. Mademoiselle Eckmuhllini ! Et elle et moi on est associés maintenant. Alors ça sera avec elle ou sans moi. Ok, Choucroutgarnix ?
- Ok, ok. Tu n’énerves pas .... Explique-moi alors. On s'organise comment alors ?
- Laisses moi finir Harenbaltix !
- je disais donc, Tertio: Y'a mon vieil ami Choi Min-shik qui croupit dans une de tes prisons surchargées quelque part du côté de Paris. On l'a coffré pour avoir lancé un sortilège qui aurait rendu sourd Jacques Chirac. Tu le fais libérer, je veux le voir ici demain matin. Mon pote c'est un phénomène du tir à l'arc, le meilleur entraîneur du monde, lui seul pourra me garantir la victoire.
Et Johnmyte jeta le commissaire à la porte en lui lançant un énigmatique : " Ris, et le monde rira avec toi - Pleure, et tu pleureras tout seul ! "
11
Et pendant ce temps, à plusieurs kilomètres de là, Ren’ le feu s'entraînait lui et d'une drôle de façon.
Cela faisait bien une heure qu'avec l'aide de Jimmy Bémol, il terrorisait le facteur du coin.
Il rejouait une version particulière de Guillaume Tell, le facteur servant de support à une énorme citrouille. Et Ren' le feu y décochait sa flèche, le tout agrémenté de nombreux verres de gnole. Le préposé aux postes semblait au bord de l'infarctus.
Ren' le feu, était proche du coma éthylique. La gnole responsable de son ivresse, n'était pas un vulgaire chouchen à touristes, mais un véritable lambig de contrebande comme on en trouvait encore dans quelques fermes isolées du coin, tapant ses 70° allègrement. Plus proche de la dynamite que du digestif.
Le préposé aux cartes postales agonisait de peur sous les regards de plus en plus vitreux des deux acolytes anonymes
- Allez, vas-y, Ren', aujourd'hui le biniou bombarde Il pleut, il mouille, c'est la fête à celui qui a si trouille ! Beuglait un Jimmy Bémol hilare à son ivrogne de compère.
- Allez facteur tire toi avant que je n'attrape des rhumatismes oculaires, à tenter de savoir si vous êtes deux ou trois.
Le chouchen a souvent de drôles d'effets et Ren'le feu se sentait sombrer, mais une pensée surnageait au delà de l'alcool. Demain soir il affronterait Johnmyte le mariole. Il n'en ferait qu'une bouchée.
12.
Pendant ce temps là Johnmyte était retourné à l'entrepôt récupérer sa Harley.
C'est pas qu'il voulait faire Hell's Angel, mais décidément 4 roues c'est toujours deux de trop.
Direction la gare récupérer son ami Choi Min-Shink au train de Paris. Le coréen adorait la moto et apprécierait sûrement la petite balade pour revenir à la Principauté de la pointe de la Torche. Obélix leur avait réservé une suite dans le palace. Le commissaire marchait au pas dorénavant ....
Le train était à l'heure et Johnmyte assis au comptoir du bistrot de la gare n'eu pas un geste à faire pour appeler son ami, ce dernier avait reconnu la Harley. Il lui dressa rapidement un plan de la situation.
- Bon, voilà le topo. Je suis branché avec Monica sur le vol des bijoux de la Castafiore Costarmoricaine. Elle bosse pour la mafia russe, Mirabelle Alodevi, une milliardaire du pays des Soviets. Y'a aussi les Frères Pétard, René Fuego et Jimmy Bémol, qui veulent empocher le jackpot.
- Et toi, t'es censé bosser pour qui? Interrogea Choi
- Pour un commissaire Amorix, ou un truc comme ça ....
Le coréen failli s'étrangler.
- Quoi, tu bosses pour la maison Poulaga !!!!
-Comment tu crois que t'es sorti du placard, camarade ?
- Merde, alors .... Et l'Eckmuhllini et toi, vous aimeriez bien doubler tout ce beau monde, non ? Et pour commencer, t'as besoin d'un super entraîneur pour gagner le concours, c'est ça ?
- C'est tout à fait ça ! Parce que si je suis le champion de la giroflée à cinq branches, j'ai encore pas mal de progrès à faire pour concurrencer Robin Hood ! Donc je compte sur toi et sur ton talent d'archer pour me mener à la victoire.
- Pas de problème je te dois bien ça ! Je suppose que tu disposes de tout le matériel adéquat pour commencer maintenant ?
Dehors on entendait le bruit des marteaux piqueurs. Les derniers préparatifs.
-Tu vois, une de ces cibles est un peu particulière, et quand j'y aurai planté ma flèche en un endroit précis, les fumigènes qu'une âme charitable mais grassement payée m'installe en ce moment se déclencheront. On aura un 14 juillet aveuglant pour tous ceux qui n'auront pas de lunettes spéciales....et là on met les voiles.
Voila pour la première partie. Qu'en dis-tu ? demanda Johnmyte.
13.
-Vise un peu l'animal !
Johnmyte s'était procuré, par l'intermédiaire du décidément très conciliant Obélix, un superbe arc à Poulies MAMIE NOVA pour droitier en 40-50#, allonge 27’’, Pack viseur Bigleux Challenger et repose flèches Nutella 3000 plus stabilisateur La Vache Qui Rit rouge.
Cet arc était à ce sport de tir ce que le marteau-piqueur est au gars des Ponts et Chaussées ... Un bijou !
Un officiel du concours de tir à l'arc leur fit signe en s'approchant d'eux
- Il veut quoi, le pingouin ? Lui lança Johnmyte
- Bonjour Messieurs. C'est votre tenue officielle pour le concours, Monsieur Johnmyte.
Ce dernier ouvrit le paquet sous le regard goguenard de Choi:
La tenue était composée de deux combinaisons, l'une verte, l'autre rouge, toutes deux aux couleurs du sponsor officiel de la compétition: La lessive Le Chat
Pendant ce temps là nos deux lascars, "GuillaumeTellisateurs" des employés de la poste, se préparaient eux aussi. Une seule méthode: La sieste. Il faut dire qu'avec ce qu'ils avaient avalé, même un tabouret en aurait perdu ses pieds. Et ils dormaient tous les deux du sommeil Bacchusien en rêvant de victoire et de fortune.
En effet Johnmyte ne se doutait pas que son ennemi juré, Ren le feu, et son complice, avaient conçu une méthode diabolique pour, à la fois, gagner le concours et surtout, subtiliser la quincaillerie du Père Vercingétorix.
Car ce que nos deux affreux jobastres avaient fêté tenait dans un minuscule
colis que ce malheureux venait de leur livrer. Pour lui fini la poste, il songeait
à terminer ses jours en ermite, peut-être en haut du phare d'Eckmuhl.
De quoi endormir une cité entière tenait dans une malheureuse ampoule.
Un message l'accompagnait : « de la part de Félicie aussi »...
14.
La nuit tombait sur la principauté de la Torche, la dernière nuit avant le grand concours de tir à l'arc .... Le Vercingetorix Trophy. Sponsorisé par la lessive Le Chat.
Les concurrents étaient arrivés des quatre coins du monde. Quelques sérieux clients pour Johnmyte dans le tas.
José Parentré, tout d'abord. Un des meilleurs du monde. Le visage couverts de cicatrices (il se les faisait en aiguisant lui-même ses flèches sur son visage taillé en pointe)
Le second adversaire dont il fallait se méfier était Jack Use, l'Irlandais. Adepte de la Guiness, mais qui se mettrait facilement à la Coreff, et dont le rire de hyène pouvait déconcentrer n'importe quel adversaire. Il n'avait pas son pareil pour atteindre la cible. D'aucuns prétendaient qu'il trichait... Cela n'avait jamais été prouvé. Un juge avait une fois tenté de faire une enquête sur lui. Il avait disparu lors d'une séance de pêche au saumon organisée par le comité de jumelage avec Cill Na Martra... On n’avait retrouvé que sa canne à pêche...
Les autres candidats étaient connus. Certains ne présentaient pas de danger particulier. Ils n'étaient pas mauvais mais n'avaient pas été entraînés par Choi Min-Shik.
Au dernier moment, une femme vint s'inscrire au concours. Se présentant sous le nom d'Emma Douébéniguett, elle accusait bien 70 printemps.
Inconnue au bataillon. Jamais vue nulle part. Aucun titre à aucun concours et pourtant en la regardant, Johnmyte entendait une alarme retentir dans son cerveau. Cette démarche... Ce maquillage un peu outrancier... Ces mains qui n'avaient pas une ride... Mais bon sang ! C'était elle !
14.
Et oui pas de doute, c’était bien elle. Elle avec qui il y a peu il avait eu le grand frisson.
Monica dont le maquillage, le déguisement tenaient du grand art. Mais elle n'avait pas si longtemps trompé les polices d'une grande partie de la planète sans un certain savoir-faire.
Même Interpol ne possédait pas une seule photo valable d'elle.
Evasive sur son plan, elle lui avait pourtant dit :
- Ne t'inquiète pas je serai là…
Bien. Par contre s’il la savait plus qu'habile au fusil, que ferait-elle d'un arc ?
Bon, il devait la coincer deux minutes, une mise au point s'imposait.
La petite vingtaine de candidats étaient réunis sur le perron du Casino pour la traditionnelle cérémonie d’ouverture du concours. Tout en essayant de s'approcher de Monica, il faisait l'inventaire de ses concurrents: Outre José Parentré, l’homme aux cicatrices, Jack Use, l'Irlandais, Monica Eckmuhllini, allias Emma Douébéniguett, Ren’ le feu, bien entendu, Johnmyte découvrait les autres candidats :
Un russe du nom de Sergueï Luron. Un américain, un certain Billou, équipé d’un tout nouveau modèle d’arc, mais au système instable, disait-on.
Le dénommé tonton, surnommé ainsi par rapport à ses accointances avec un ancien président dont il fut l'archer principal pendant plus de 10 ans, était là aussi.
Et soudain Johnmyte les vit. Ou plutôt, il les entendit arriver. Toujours aussi discrets, Ren et son compère traînaient les talons de leurs tiags, et toujours une bouteille de chouchen à la main. Les lendemains d'ivresse il faut soigner le mal par le mal.
Un sentiment de fureur montait en lui, mais il restait étrangement calme.
Car mentalement il se faisait la promesse de bientôt les rayer définitivement de son agenda. Ad vitam eternam.
Après le mot d'accueil du président de la ligue de tir à l'arc (Gérard Ballette) et quelques discours de politiciens ventrus, issus de toutes les classes politiques, mais animés par le même goût pour les petits fours, qu'ils redistribuaient sous forme de crachat, postillonnant en lançant des "comment allez-vous cher ami" en veux-tu en voilà.
Les choses sérieuses se mettaient en place.
Oh la vache ! s'écria Johnmyte s'apercevant que Monica Eckmuhllini portait dans son étui, non pas les flèches nécessaires à la pratique du sport qui les rassemblait tous aujourd'hui, mais un fusil à pompe qui, si il était bien camouflé, n'échappait pas à l'oeil attentif de Johnmyte et de son compagnon Choi Min-shik.
Ren et son compère, visiblement ivres morts, se passaient de l'un à l’autre une mystérieuse petite ampoule.
Notre héros sentit la moutarde lui monter au nez et se remémorant les célèbres dialogues d'Audiard, se surprit à murmurer " moi les dingues j'les soigne, j'm'en vais leur faire une ordonnance, et une sévère, j'vais leur montrer qui c'est Johnmyte. Aux 4 coins d'la Torche qu'on va les retrouver éparpillés par petits bouts façon puzzle... Moi quand on m'en fait trop j'correctionne plus, j'dynamite... j'disperse... et j'ventile..."
Mais il dut se contenter de freiner net son élan. La musique assourdissante des
cornemuses envahissait l'espace, alors que portés par deux géants aux gants blancs, le bouclier étincelant et l'arc mythique étaient offerts aux regards du haut du perron. Et dans le ciel, ensemble mêlés drapeaux bretons et avernes envoyaient les couleurs.
"Eh ben dis donc ! Se dit Johnmyte. Ca brille comme si c'était tout neuf ! A l'époque on n'avait pas besoin de demander une extension de garantie, c'était du solide ! Par contre ça a l'air d'être bien plus lourd que je m'y attendais... Faudrait pas non plus que je me vautre devant tout le monde parce que je n'arrive pas à soulever ces trucs..."
15.
Le concours commençait à 14h00 et les juges étaient déjà en place. Le juge en chef se nommait Helmut LEPAIN-DLABOUCHE et curieusement, Choi Min-shik trouvait qu'il avait une tête de croissant.
Le bouclier étincelant et l'arc mythique, il y pensait Johnmyte, mais n'empêche qu'il fallait pouvoir les porter les ustensiles! Déjà le bouclier faisait bien la taille d'un canapé de living de premier ministre. Et l'arc ! Deux fois la taille de son compagnon Choi Min-shik.
Voilà un nouveau problème auquel n'avait pas pensé Johnmyte et pourtant, il fallait trouver rapidement une solution.
Il appela Choi Min-shik. Et, en verlan de façon à n'être que difficilement compris, lui demanda de retourner en ville. Faire provision de croissants, ils n'auraient peut-être d'ici demain pas le temps de déjeuner.
Enfin, de dérober sur le port ou aux alentours un solide et spacieux quatre-quatre, rien à foutre de la marque, mais qu'il soit puissant.
14H00. Les sirènes retentirent annonçant le début du concours. Toujours pas de Choi et son 4X4 en vue. Question vue, y'en a un qui ne savait plus où se situaient les cibles, c'est Ren'le feu. En effet, lui et son acolyte -alcoolique, avaient vidé le bar éclusant jusqu'au moindre cocktail
Quand à Monica Eckmuhllini, elle était en grande conversation avec un juge.
- Non madame ! Il est hors de question que vous tiriez des flèches avec un fusil à pompe !
- Mais ce n'est pas un fusil à pompe ! Lui rétorqua Monica, c'est un nouveau modèle d'arc, un prototype ! Vous n'en avez jamais vu un pareil, mais il faut accepter le progrès !
- Non madame ! Le règlement prévoit que vous devez utiliser un arc traditionnel et je vous prierai donc de laisser votre engin, prototype ou pas, au stand de surveillance. Faute de quoi, je me verrai contraint de vous exclure de la compétition !
- Si tu fais ça mon pote, je te jure qu'il ne te restera pas assez de dents même pour manger un yaourt !
C’est ainsi que tous nos candidats s'alignèrent finalement devant leur cible respective.
Du coin de l'œil Johnmyte observait Ren qui tout d'un coup semblait avoir retrouvé toute sa lucidité. Une espèce de mutant? Non dopage certainement ! Notre Jean-Claude bien aimé ressemblait à un amateur vis à vis de lui.
Allez l'heure était venue de pointer les arcs vers l'azur, la première volée de flèches fusa vers les cibles.
16.
Tout se passa très vite. Une explosion. Un grand nuage de fumée. Monica Eckmuhllini/Emma Douébéniguett qui faisait voir que son arc-fusil à pompe était un vrai fusil.
Et puis, un peu partout autour de Johnmyte, des gens qui s'effondraient. Et Choi Min-shik un masque à gaz sur le visage qui arrivait en 4X4.
La pagaille était indescriptible. Ceux qui ne couraient pas désespérément dans tous les sens s'étaient évanouis sous les effets de ce nuage de fumée. Sûrement un gaz soporifique, ça ressemble à du Ren' le feu pensa Johnmyte, et il ne se trompait pas.
Ren' était un vrai spécialiste de l'utilisation des gaz dont l'effet, immédiat, plonge la victime dans un profond sommeil de 15 minutes. C'est à l'A.N.P.E. de Plérin qu'on lui avait proposé un stage d'artificier et grâce à cette formation, il n'avait jamais connu le chômage.
Dans la panique générale, seules quelques personnes gardaient la tête froide.
Comme Balladur et ses semblables, qui au milieu des crises semblaient toujours sortis de table avec une digestion difficile, Monica,Choi Min-shik et Johnmyte masque sur le visage couraient vers l'endroit où auraient du se trouver le bouclier et le reste.
Mais courir avec un masque n'est pas chose facile.
Choi, le comprit le premier et fit demi-tour pour aller chercher le 4X4. Il rejoignit très vite Monica et Johnmyte, dont la respiration ressemblait au bruit d'un vieux moteur hors-bord.
Mais de boucliers et d'armes, il n'y en avait plus. Au loin, on entendait s'éloigner un gros camion, au volant duquel se trouvaient Ren' le feu et son compagnon d'échappée Jimmy Bemol...
Enfin rejoints, Johnmyte et Monica décidèrent qu'ils mettraient toute la gomme de la Harley, tandis que Choi les suivrait au volant du pick-up.
La douce musique de la Harley se fit entendre. Quelques notes de saxophone et on se serait cru sur la route "66".
L'équipée sauvage se mit en route bien décidée à rattraper les fuyards.
16.
Pendant ce temps là, le cher commissaire Obélix se faisait du mouron. L'affaire ne se présentait pas comme il l'avait imaginé. Et si Johnmyte et sa tribu ne rattrapaient pas les deux zozos c'était la catastrophe.
Depuis son PC installé dans un vieux blockhaus sur la plage il envoyait ses ordres.
- Je veux un hélico et plus vite que ça !
- Chef, oui chef. Répondirent en même temps les voix de ses nombreux subordonnés.
C'était le Paris-Dakar dans la lande bretonne ! René Fuego et Jimmy Bémol dans leur camion, en première place. Suivait la Harley de Johnmyte et Monica qui gagnait du terrain, tandis que Choi Min-shik, Tel Jean Le Cam dans le Vendée-Globe, avait choisi une route plus à l'Ouest.
Obélix, qui avait enfin récupéré un hélicoptère, suivait la troupe depuis les airs, emmitouflé dans une parka de marque Alaska.
René Fuego était déchaîné au volant de son camion, un vieux Saviem 6.50 HAT 4 x 4 avec un châssis chez Huttin, concessionnaire sur l'Ile de la Jatte, qui porte le numéro de parc 84.
Faut dire qu'il avait remplacé le lambig par du tabac rigolo.
Même Jimmy Bémol, lui pourtant qui n'avait peur de rien depuis son enfance passée au zoo de Peumeurit dans la cage aux loups, commençait à se demander s'ils n'allaient pas finir le trajet dans un talus.
- Fais gaffe, quand même, Ren' . On transporte une fortune (Il faisait allusion aux armes de Vercingétorix qui se trouvaient dans la benne du camion).
- Mais tu m'écoutes ou pas ? On dirait que t'as fumé un sous-marin !
Et ce qui devait arriver, arriva.
Un lapin atteint de myxomatose, le regard dans le vague, tentait de traverser la route à l'endroit où le camion attaquait un virage serré.
Résultat: Le Saviem fit une embardée de trop et partit dans une série de tonneaux qui l'entraînaient dangereusement vers le bord de la falaise.
Finalement c'est un calvaire breton qui stoppa la progression du Saviem. Dix mètres de plus, et c’était la chute vertigineuse assurée.
Ren' décidément increvable, sortait déjà du camion, à la main un pulvérisateur dans lequel il s'empressa de transvaser le contenu de sa mystérieuse fiole.....
- Jimmy magne toi de sortir les antiquités...j'entends nos transporteurs qui s'annoncent dit-il dans un rictus. Qu'est ce qu'on se marre quand même !
Sur le bord de la route une famille de canards passait en file indienne. Il ne put s'empêcher de vaporiser un soupçon de produit en leur direction.....Ils s'écroulèrent illico.
A ce moment là, surgi de nulle part, les deux ivrognes virent fondre sur eux l'hélicoptère d'Obélix. Ce dernier, malgré sa corpulence peu sportive, tenta un saut à 10 mètres du sol .
Echec total ... Il s'écrasa sur la bâche du Saviem et roula par terre où un Ren' le feu, complètement déchaîné le cueillit en l'aspergeant de son liquide moumoune.
- Tiens, ç'lui-là, va nous servir d'otage lança un Jimmy Bémol complètement défoncé depuis qu'il avait goûté à l'herbe magique de son compagnon de bordée.
- Otage d'accord ! Mais t'aurais pas pu choisir plus léger, style format Mimie Mathy ? dit Ren' le feu en traînant la masse inerte du commissaire au milieu de la route.
Bon maintenant on attends le prochain véhicule et on embarque ! conclut-il.
Le premier véhicule qui surgit dans le virage était un car scolaire transportant le Bagad de la Torche qui revenait de la cérémonie d’inauguration du concours de tir à l'arc.
Ren le feu, une lueur de sadisme au fond des yeux, jeta violement Obélix sous les roues du car
Le conducteur du car pesa de tout son poids sur la pédale de frein en voyant un homme débouler sous ses roues. Il tenta de l'éviter. Le car fit une embardée. Les membres du Bagad commencèrent à tomber les uns sur les autres en criant. Le conducteur évita Obélix de justesse et stoppa son car dans un grincement de freins strident. Il jaillit du car en furie et se précipita vers Ren le Feu en hurlant :
- Mais ça va pas ? Vous êtes des dangers publics ! Je me plaindrai à qui de droit !
- C'est ça ma poule! Lui rétorqua Ren' le Feu en pointant son arme sur lui. Tu te plaindras au Président de la République si tu veux même ! Mais en attendant tu remontes dans ta bétaillère, tu fais taire les joueurs de biniou et tu vas où on te dit d'aller !
- Allez les joueurs de biniou, attrapez ce gros sac par les pieds et montez le dans le car ! intima Ren'le Feu
Une fois le fonctionnaire de police installé, ce fut au tour des reliques de Vercingétorix d'embarquer.
Si seulement ils avaient jeté un coup d'œil en arrière, ils auraient aperçu un nuage de poussière. Johnmyte et Monica, la Harley à plein régime recollaient à la tête de la course.
Johnmyte n'en croyait pas ses yeux : ils avaient braqué un car ! Et Obélix semblait être dans un sale état. Il sentait que Monica se tortillait dans tous les sens.
- Mais tu fais quoi, bordel! On dirait ...
Johnmyte n'eut pas le temps de terminer sa phrase. Au dessus de son épaule Monica ajustait son tir, visant les pneus du car.
La deuxième balle atteignit le pneu arrière du car et déjà la bétaillère à biniou commençait à tanguer dangereusement. On aurait un attaquant espagnol dribblant vers le but adverse.
Monica était déchaînée, elle canardait à tout va, imité par Choi qui les suivait au volant du pick-up. Le coréen avait sorti d'on ne sait où une arbalète et tentait lui aussi de crever un deuxième pneu !
Dans le car c'était la panique. Certains musiciens dans un mouvement de désespoir s'étaient emparés de leur instrument et soufflaient à tout va, autant pour se rassurer que pour couvrir le bruit des armes et des crissements de pneus.
Ce qui eut le don d'énerver Ren' le feu, qui, de son poste de pilotage, tentait d'une main de tenir le véhicule sur la route et de l'autre se mit à tirer vers l'arrière avec un fusil de chasse, pour tenter, à la fois, de freiner ses poursuivants et surtout faire taire les aficionados de l'an-dro.
Jimmy Bémol quant à lui, s'était écroulé sur un siège à l'avant du car. Le visage grimaçant de douleur. Il était victime d'une violente crise de rhumatismes comme à chaque fois qu'il entendait de la musique bretonne.
- Merde ! s'écria ,Ren'Le Feu . Le pulvérisateur de rêves venait de lui échapper des mains et roulant sur le sol vint se briser au beau milieu du car.
Et là où tout n'était que bruit et fureur, ce fut d'un coup un silence total. Uniquement rompu par le bruit du frein automatique d'urgence (système breveté rendu obligatoire par une circulaire du premier avril 2000-journal officiel.).
Le car ralentit progressivement jusqu'à l'arrêt total.
Curieusement les portes s'ouvrirent laissant s'échapper une petite peluche, une panthère rose. Sans doute le doudou d'un souffleur de biniou adepte des enquêtes de l'inspecteur Clouzot…
17.
Johnmyte, qui avait compris ce qui s'était tramé, stoppa, par précaution, son fidèle destrier à quelques encablures du car et fit signe à Choi de faire de même.
Monica descendit précipitamment de la Harley et se dirigea vers le car. Johnmyte voulut l'arrêter mais il se rendit compte que Monica venait d'ajuster un masque à gaz sur son visage. Equipée la Monica... Elle s'approcha du car et ramassa la petite peluche rose... Bizarre... Il y avait une petite fermeture éclair sur son ventre et à l'intérieur... des carrés de chocolat... Et l'initiale R... Ren le Feu avec une peluche pleine de chocolat ?... Elle ouvrit la porte du car et le corps du commissaire Obélix tomba mollement à ses pieds.
Une idée traversa l'esprit de Monica. Ren le Feu ne se promenait pas par hasard avec du chocolat sur lui. S'il avait choisi, il aurait transporté du lambig ou un bon chouchen de derrière les fagots.
Suivant son idée, elle inséra un carré de chocolat entre les lèvres closes du Commissaire Obélix. Quasi instantanément, les effets du gaz soporifique disparurent et Obélix gémit doucement. Quand même pas mal amoché le gars...
Monica jeta un carré de chocolat à Johnmyte et à Choi qui l'aidèrent à transporter le corps d'Obélix un peu plus loin. Monica, qui décidément était un vrai coffre au trésor, entreprit de se débarrasser de son masque et de sortir la boite "Premiers Secours" et de soigner Obélix. Celui-ci ouvrit les yeux et son coeur chavira en découvrant les magnifiques yeux de Monica. Et elle-même ne put réprimer un frisson...
18.
Pendant ce temps-là...
Johnmyte et Choi étaient occupés à charger le trésor de Vercingétorix dans l'énorme 4X4.
- On embarque Obélix aussi ?
- Bien entendu, répondit Monica
- Mais tu succombes sous le charme de Filatélix !
La troupe rassemblée dans le véhicule de Choi prit la direction de la ville la plus proche en route vers une ... pâtisserie !
- Je veux une galette des rois. Je collectionne les fèves que je range dans un grand classeur. C'est un ordre !
C'est Obélix qui parlait ainsi. Pas à dire, son séjour sous les roues du car plus le gaz à René Fuego, ça ne l’avait pas arrangé !
- Hé le gravos! Tu nous parles autrement sinon on te lâche là et tu rentres à pinces, lâcha Johnmyte qui commençait à fulminer.
Pas de lézard il fallait se débarrasser du poulet rapidos.
Choi stoppa le 4x4 devant une boulangerie- pâtisserie affichant fièrement sur sa vitrine: "Galette des rois et aspirine à toutes heures".
Obélix, maintenant complètement réveillé, se jeta hors du véhicule en un éclair et se précipita à toute allure vers l'échoppe du dealer de fève.
- Il a l'air accro... remarqua Monica.
- Accro ou pas, il commence à me gonfler Hyppocalorifix. Allez, on le largue ici le gravos et on file fissa pour semer la flicaille que je sens à nos trousses. Parait qu'il y a une petite fête du coté d'Eckmuhl, idéal pour se planquer un peu, lança Johnmyte en poussant son cri de guerre "On the road again"
A Eckmuhl régnait une effervescence digne d'une bonne rave. Pour la Sainte-Angèle tous les teufeurs, les accros de la souris, les mordus du clavier, les fondus du web se pressaient aux abords de l'Eckmuhl-Forum, détenteur des clés de la fiesta.
Ici nos trois comparses se fondraient dans la masse.
-Bon, soupira Johnmyte, reste à planquer le matos. Quelqu'un a une idée ? Monica, Choi?
19.
Une espèce d'illuminée traversait la foule en criant :
- On n'a plus de p'tit' lim, On n'a plus de p'tit' lim !
Ils ont l'air complètement allumés ici, pensa Johnmyte.
La fille poursuivait son chemin en continuant ses lamentations.
- Y'a qu'à la suivre, dit Choi, elle va sûrement à la réserve et là il doit y avoir de la place pour planquer le butin.
En effet, la fille continuait son trajet en zig-zag au milieu d'une foule d’agités. Elle continuait sa litanie "On n'a plus de p'tit' lim, On n'a plus de p'tit' lim !" au milieu des invités qui poussaient des cris "Vive Sainte-Angèle", "Ste Angèle???? On se les gèle... ", "Et vive les bretonnes libres et indépendantes !!!", "Bonne fête à Angèle, patronne des bigorneaux et des bulots ! ", "A la sainte Angèle sortez vos poubelles !!! ", "elle portait des bas de coton Angèle ", "à la St Angèle on se les pèle !!!!","
Ils avaient l'air salement amochés dans le coin ... Mais Johnmyte sentait qu'ici, la fête, ils savaient la faire.
Notre petite équipe suivait de près la chercheuse de limonade. Elle ouvrit bientôt une espèce de hangar où étaient entreposés divers produits locaux : Bières bretonnes, lambig, chouchen et autres boissons alcoolisées.
-Choi, va chercher le 4X4. On va planquer le matos ici et après on se prend un peu de bon temps. Cette Sainte-Angèle à l’air sympa ! Déclara un Johnmyte déjà prêt à se fondre dans la fête.
Un grand huluberlu, une raquette de ping-pong accrochée à chaque oreille officiait derrière le bar.
- Salut les nouveaux vous goûtez à ma petit'lim ?....la meilleure de tout l'ouest.
Les trois compères trop contents de se désaltérer, commandèrent un tonneau et trois pailles.
Dans la salle l'ambiance était de plus en plus chaude, près de l'explosion.
Même le phare lâchait de temps à autre un long jet de vapeur, juste pour éliminer un chouia de pression.
Où ça devint vraiment délirant, c'est le moment où des musicos en tenue de Tahitiens, les "Goristes" - c'était leur nom - (Huit bonshommes - 1 tonne de viande !) firent leur entrée sur scène. Si la musique semblait un peu à la ramasse, au goût de notre héros, les paroles, par contre, étaient à hauteur de l'ambiance de folie qui régnait ici.
De "La complainte de la défonce agricole" en passant par " Bretagne is beauty fuel", "On hait les champions" ou autre "Jeune conduit cajun". Johnmyte était mort de rire, tout comme Monica, qui, effet magique de la p'tite lim' ou attirance soudaine pour les marins locaux, riait en breton (pour que les touristes ne comprennent pas).
Choi, lui restait concentré, comme à son habitude. Il avait soigneusement planqué les armes de Vercingétorix sous un tas de paille.
Les lueurs de l'aube commençaient à auréoler le phare et la sainte Angèle tirait à sa fin. Le chant des Moissonneuse batteuses se faisait entendre au loin.
Johnmytte les bottes ètendus sur une caisse de lim' vide réflèchisait.
Une idée étrange lui trottait dans la tête et il s'avait déjà qu'elle n'en sortirait
pas.Les armes, boucliers et arc de Vercingétorix venaient de trouver leur place.Et lui vivant elles n'en bougeraient pas.
C'est ici chez ces irréductibles bretons qu'elles devaient demeurer.A tout jamais liées au phare et à Eckmuhl-forum.Et une fois l'an on les ressortirait, pour la Saint-Angèle bien sur.
bon il restait à faire adopter son idée par le groupe.
Choi et Monica, tombés tous deux sous le charme de cette bande de cinglés adepte de la p'tit' lim, approuvèrent le choix de Johnmyte.
L'aventure touchait à sa fin, d'autant que Obélix, remit de son indigestion de galette roi, s'était réveillé et avait déjà fait coffrer Ren Le Feu et Jimmy Bémol. On avait retrouvé les frères pétards complètement défoncés sur le parking d'un bar célèbre de la région. Armé de sa machine infernale Ren' pulvérisait à tout và, au grand désespoir de la patronne du troquet, célèbre pour son coté grippe-sou, qui voyait sa clientèle s'endormir sur le verre, et surtout sur le port-monnaie.
Obélix, maintenant complètement amoureux de Monica, avait demandé d'arreter les recherches concernant nos trois héros.
C'est à l'ouest,et c'est tout à fait logique.Que les couchers de soleil sont les plus beau. Nos trois héros n'avaient pas retiré grand bénéfice financièrement parlant de cette aventure.Mais la richesse était pourtant là.Dans l'amitié qui les unissait et dans la découverte de ce bout du monde et de ce drôle de forum.
c'est ainsi que tous trois allongés sur la plage, ils aperçurent un avion,qui dans le ciel, écrivait le mot......
FIN
Rassurez-vous cher(è)s ecrivains/lecteur(lectrice)s Johnmyte revient
trés vite pour ensemble écrire et vivre une nouvelle aventure
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