Johnmyte et les serveurs
Ici débutent les aventures de Johnmyte (enfin son retour)
Cette rubrique ou histoire ou historiette ou big delire est la seconde..et sur la fin un profond essouflement s'est fait sentir..le principe à l'origine...toujours le meme écriture à plusieurs mains...le relais étant constitué par un mot à placer dans la suite...bonne lecture
C'était un camion frigorifique.Sur ses portes on lisait "Aux déménageurs Eckmuhliens".
Étrange pour un frigo, mais celui-ci ne devait plus tourner car de ses portes qui bâillaient
légèrement s'échappaient des nuées de mouches.
Une bande de gamins, qui séchaient probablement les cours, ne put résister
à la tentation d'ouvrir ces portes bâillantes.
Rien ne les effrayait, pas même l'épidémie de grippe qui sévissait.
Les portes, une fois ouvertes, dévoilèrent des carcasses de porc,en triste état d'ou les mouches. Mais bizarrement aussi, un nombre impressionnant de colis de la taille d'un petit téléviseur.
Les mômes eurent vite fait d'en descendre un du camion, et à l'abri d'un mur, d'ouvrir celui-ci. Surprise… Le colis ressemblait à un ordinateur, mais sans clavier, ni aucun ustensile que tous ces mômes connaissaient. De plus, le boîtier était peint d'étranges couleurs et portait des inscriptions ressemblant à des dessins.
- Mince ! Se dit le plus âgé des kids
- Oui, on devrait prévenir quelqu'un ! répliqua un autre.
- Les flics pas question, et si nous montrions cela à Johnmyte ? hasarda un petit futé à lunettes.
- Johnmyte ? Le serveur du bar "Au Phare protecteur" ? demanda un autre marmot en pull marin.
- Mais non ! Rétorqua le petit à lunettes. Le serveur du Phare, c'est Joe la Mite à cause des trous dans ses pulls ! Moi je vous parle de Johnmyte, celui qui a récupéré les armes de Vercingétorix ! Je suis sûr que ça l'intéresserait drôlement de voir ces trucs !
Le plus âgé des loupiots objecta "Mais il habite loin d'ici ce Johnmyte ? Parce que moi il faut que je sois rentré avant la nuit, sinon je vais voir les dents de ma mère !"
Le petit à lunettes, décidément très renseigné, répondit "Mais non c'est pas loin ! On en a pour 10 minutes les mecs ! Sauf que je ne sais pas s'il est là mais on verra bien. Prenons deux ou trois de ces machins et suivez-moi !"
Johnmyte, à califourchon sur sa Harley écoutait Noir Déz qui parlait d'échorché vif. Choi lui astiquait de vieux chandeliers, en argent apparemment, fruits de quelques larcins.
- Tiens vise un peu les lardons, mais que nous ramènent-ils les chiards ?
- Salut m'sieur Johnmyte, heu...visez un peu ce que l'on a trouvé...
Johnmyte attrapa l'engin.
- C'est quoi cela ? demanda-t-il, autant pour les mômes que pour Choi et lui-même d'ailleurs.
Les gamins lui expliquèrent comment ils les avaient trouvés et Johnmyte, pour s'en débarrasser, leur offrit non des bonbons, mais quelques pièces. C'est un acompte leur dit-il.
- Bon, Choi, en premier lieu mettre la camelote en sûreté, virer la bidoche et garder le camion planqué. Après on avisera.
Si Johnmyte, pas plus que Choï, n'avait idée de ce que pouvaient être ces étranges boites en ferraille, il avait, par contre reconnu le logo de la B.A.B.A.O.R.U.M. (Biscuiterie Animalière Belge Atlantique Outre Rhin Ubuesque Majoritaire). Une boite située à la frontière belge qui s'était rendue célèbre en servant de couverture à du blanchiment d'argent en provenance des milieux autonomistes monégasques.
Pendant que Choï allait planquer le camion, après avoir déchargé son contenu devant la
Préfecture - ils étaient tellement habitués, avec les légumiers, les marins, les éleveurs de porcs et autre fleuristes-paysgistes-équarisseurs mécontents, à ce genre de choses qu'ils ne feraient même pas une petite enquête de routine - Johnmyte, lui, décrochait son téléphone pour appeler Monica Eckmuhllini. En rameutant son réseau, elle pourrait sûrement éclairer sa lanterne.
Comme on dit ici, au pied du phare.
Tout en composant le numéro de Monica sur son portable,il avait gagné celui-ci en répondant à un jeu concours "purple cow Milka ", il se rappelait les moments savoureux de leur dernière rencontre.
- Monica? Celle-ci venait de décrocher : Johnmyte! Ecoute ma poule. Je vais avoir besoin de tes lumières.
Il lui fit un rapide topo de la situation.
- Johnmyte, tu viens une fois de plus de fourrer ton nez dans un truc pas net affirma-t-elle. Surtout ne mets pas un de ces serveurs informatiques, car c'est de cela qu'il s'agit, en marche. Tu serais repéré de suite.
- Bon, mais tu me conseilles quoi alors? Je commence à avoir envie de bouger moi!
- Ca m'aurait étonné que l'oisiveté te convienne mon grand ! Allez fonce à l'aéroport et viens me rejoindre. Ramène un serveur avec toi. Normalement ça passe sans problème aux contrôles.
- OK j'arrive mais... Euh... Tu es toujours avec Obélix ?
- Qui ça ? Ah... Non... En fait c'était un effet secondaire du gaz bizarre, je serais tombée amoureuse d'un porc épic si j'en avais croisé un... Quand les vapeurs se sont dissipées on a compris qu'on n’était pas faits l'un pour l'autre. Enfin moi surtout ! Bon allez ramène ta fraise fissa ! Tu as un avion à 20h32 à krkrkrkzkrahlerjlkljahah....
- Allô ? Allô ? Saloperie de réseau de portable !... Elle crèche où déjà la Monica ? Le zinc de 20h32...
Johnmyte saisit son vieux sac à dos et y jeta un des ordinateurs.
- Choi... l'avion de 20h32 y va où ?
- Genève. Elle est banquière maintenant la Monica ? S'esclaffa le Coréen.
- Bon, tu me jettes à l'aéroport et on reste en contact. T'as pas une idée pour passer cette boite de ferraille au contrôle, j'ai peur qu'il inspecte mon sac.
- Système D, mon pote: Tu l'enduis de fromage ça marche à tous les coups.
- De fromage? Mais quel type de fromage? Hoo, attends dis rien! De l'emmental
suisse je parie?
- Elémentaire mon cher Johnmyte ! Rigola Choi. Bon je te donne un coup de main pour emballer l'engin.
C'est ainsi qu'un peu plus tard, Johnmyte s'envolait pour Genève. Relax , le casque d'un walkman sur les oreilles, il écoutait The Libertines et leur rock déjanté.
A l'aéroport il lui faudrait prendre un taxi. Le rendez-vous avec Monica était fixé au pied du jet d'eau, dans un bar dont il avait déjà oublié le nom...il la bipperait sitôt arrivé.
A l'aéroport il se fit chambrer par un douanier suisse, adepte de Bénabar, sans doute.
- Hé vous, là-bas. Oui vous ... Le stéréotype.
Johnmyte l'interrogea du regard
- Hé oui, répondit-il avec son fort accent traînant. Un gars avec un walkman .... Un stéréotype !!!
Il était mort de rire. De l'humour suisse, sans doute.
- Alors, le monsieur stéréotypé (Et il repartit dans un grand éclat de rire) Il nous déclare quoi là ?
Ce faisant, il ouvrit le sac et blêmit. Faut dire que le fromage n'était déjà plus de première jeunesse et enfermé comme il était, il avait du en profiter pour se reproduire, ou s'auto détruire.
- Hé ben mon ptit gars, dépêchez vous, il est juste à point pour la fondue... Cela dit nous avions ici tout ce qu'il fallait savez vous! Bon, filez, si c'est pas dommage, du si bon emmental…
Ouf, la douane était passée,mais les nerfs de Johnmyte venait de subir une dure épreuve. Il lui aurait bien fait bouffer son frometon au galonné.
- Bon, débarrasser le serveur de sa couverture odorante, se jeter un bon
demi et bigophoner à la miss...
Il trouva une fontaine où nettoyer le serveur, et un troquet où s'hydrater le gosier.
Il sortit de sa poche son petit guide Genève by night et découvrit rapidement ce qu'il cherchait: « Le Gwen ha du - Bar-Crêperie - 12,5 Rue de la pompe » .
Ce serait bien le diable si il n'y croisait pas un gus qui connaissait Monica.
Suivant les indications du plan, il longea le Lac Léman, jetant un coup d'oeil au jet d'eau monumental, et continua sa route. La rue était bordée d'hôtels tous plus beaux les uns que les autres et de quelques bars où s'agitait une faune cosmopolite.
- Ben Mazette ! Classe les hôtels ! Ca sent pas la pauvreté ! Et puis c'est nickel en plus ! Bon elle est où la rue de la Pompe ? Normalement c'est la troisième à droite... Ah la voilà.
Johnmyte commença à remonter la rue. Il apercevait déjà l'enseigne "Gwen ha du" à une cinquantaine de mètres, quand tout à coup il eut une impression bizarre... Celle d'être suivi... Il s'arrêta devant la porte vitrée d'une banque et observa les reflets derrière lui.
Apparemment rien d'anormal. Deux agents de la fonction publique territoriale locale balayaient la rue en silence. A presque minuit... Bizarre...
Soudain tout se précipita. Un des deux agents Balayeurs fit ,d'un geste expert, tournoyer son balai. Celui-ci heurta violement Johnmyte à la tempe. Il n'eut pas le temps de s'écrouler, car déjà le second le saisissait par les épaules et d'un geste souple le propulsait dans la poubelle.
Aussitôt, les deux hommes poussant leur chargement d'un pas vif, s'éloignèrent.
Sans se douter qu'un peu plus loin, la scène était suivie de près et avec attention.
En effet, bien planqué à l'abri d'un arbre, un homme étrange portant chapeau et long manteau, observait la scène.
Il se nommait Francis Suipalla, plus connu sous le surnom de Francs suisses en référence à de nombreux casses réalisés dans les réputés inviolables coffres des banques helvétiques.
Johnmyte l'avait rencontré par l'intermédiaire de Monica Eckmuhllii deux mois auparavant. Il était sur un gros coup et cherchait des associés. Mais notre héros avait besoin de repos à l'époque et avait décliné l'offre.
Francis Suispala regarda ses sbires emmener la poubelle contenant Johmyte. Puisque ce dernier ne voulait pas être son associé si on lui demandait gentiment, tant pis. Les grands moyens devenaient nécessaires.
Les vapeurs de la syncope se dissipaient et Johnmyte commença à bouger. La poubelle tanguait, signe que les deux pseudo fonctionnaires la portaient encore. Une porte métallique grinça. Les deux acolytes vêtus de bleu, on aurait dit des Schtroumpfs, balancèrent la poubelle sur le sol. La lumière s'éteignit...
Johmyte mit encore quelques minutes à reprendre ses esprits. Aucun rai de lumière ne filtrait. Il faisait plutôt froid. Aucun bruit sauf quelques grattements suspects... Dans quel guêpier était-il encore fourré...
Les grattements se faisaient plus intenses. Pas de doute il n'était pas seul. A quatre pattes il commença son exploration . Le coup qu'il avait reçu laissait quelques séquelles. Il avait l'impression qu'une brigade motorisée défilait sous son crâne.
Soudain tous ses sens furent en éveil, il venait de rencontrer un corps qui remuait doucement. Sa main remonta jusqu'a un visage, un contact gluant,
- Si cela n'est pas du sang, je veux bien changer de nom ! pensa-t-il…
Soudain la température de la pièce lui sembla chuter brusquement. Ce corps, cette peau, il ne les connaissait que trop bien: Monica..
- Les fumiers ! jura-t-il...
Monica, à ce que Johnmyte pouvait en juger au toucher, avait le visage comme un plat de lasagnes pas assez cuites. Elle avait des difficultés pour parler, mais parvint à expliquer à Johnmyte le pourquoi du comment.
- Francs suisses ... Il a intercepté ton coup de fil .... Je sais pas comment mais ... Il s'intéresse à ton matos informatique .... Ils m'ont enlevée chez moi ... Il te suivent depuis la Bretagne .... Ils veulent récupérer leur matériel....
Tu l'as planqué ? ....
Puis elle s'évanouit.
Johnmyte réfléchit à cent à l'heure. Sortir d'ici avec Monica. Prévenir Choï de bien planquer le matériel et de se planquer aussi.
Tout à coup, la lumière jaillit... Une porte s'ouvrait ... Une silhouette se découpait dans la lumière.
Son long manteau toujours sur les épaules Francs suisses se dressait devant Johnmyte. Ce dernier ne put résister à l'élan qui le poussait à se mettre debout. Il fut stoppé par l'extrémité de la canne du maître des lieux.
- Doucement Johnmyte, je n'ai pas envie de t'abîmer comme ta petite copine, tu m'es plus précieux vois tu?
- Tu ne tireras rien de moi avant d'avoir donné les premiers soins à Monica, vieille ordure !
- Que tu crois… Je reviens dans une heure et je veux savoir où sont les autres serveurs. Sinon mes gars finiront de s'occuper de ta môme, et moi de toi. Réfléchis bien Cow-boy !
Merde, il fallait sortir de ce merdier et tenter de regagner la Haute-Savoie. Johnmyte y avait des relations dans un club de Hell's locaux.
En fouillant dans les poches de Monica, qui était toujours dans les vapes, Johnmyte y trouva un Zippo.
- T'as toujours pas arrêté de fumer ? Et en plus ça chlingue ce truc !
- Ouvre-le ... réussit à lui souffler Monica. .... Tu y trouveras un mini téléphone ....
- ??? Un téléphone dans un Zippo? S’étonna Johnmyte.
En effet, un minuscule téléphone était logé dans l'emplacement du réservoir du briquet.
Johnmyte composa un numéro à l'aide de la pointe de son stylo, en sifflotant le thème de James Bond.
- Bon, on laisse émettre le portable que mes potes aient le temps de nous situer....sont mieux équipés que les keufs ces motards de l'enfer....
En attendant préparons une petite surprise pour Francs suisses déclara Johnmyte, sortant du flanc de sa Santiag une lame fine et mince à peine plus épaisse qu'une aiguille.
- Voilà nous attendons ta visite, vermine !
Chez les Hell's les moteurs chauffaient émettant une douce et ronronnante musique. Quelques flocons commençaient à tomber mais pas de quoi ameuter les chasse-neige.
Les gardes, dans le couloir, jouaient aux cartes. Ce qui donna une idée à Johnmyte. Et il s'écria à se faire péter les poumons :
- Tu me fends le coeur ! Je te dis que tu me fends le coeur ! Je te dis que tu me fends le coeur ! Je te dis que tu me fends le coeur ! ....
Un des gardes vint frapper à la porte.
- Tu vas la fermer ta gueule !
Mais Johnmyte continuait de plus belle:
- Je te dis que tu me fends le coeur ! Je te dis que tu me fends le coeur ! Je te dis que tu me fends le coeur ! ....
- Albert ! Appelles le patron, y'a le zigoto qui pète les plombs.
- Le patron, t'es marrant il sera de retour que dans une heure pas avant...
- Aie! Et l'autre qui n'arrête pas de hurler, bon à nous deux on doit pouvoir le calmer, lâcha-t- il, un sourire mauvais au coin des lèvres.
- Tu crois que le patron serait d'accord?
- Mais oui, et puis il est pas là, on va juste le caresser un peu.
Les deux gardes se dirigèrent vers la porte.
- J'ouvre et tu le tiens en joue avec ton flingue, moi je me sers de cela,dit il en montrant sa matraque.
Il ouvrit la porte et crut que le sol se dérobait sous ses pieds. Jonhmyte venait de le faucher d'un superbe haragoshi, et déjà son autre pied prolongé par la fine lame atteignait le second garde au foie.
Johnmyte récupéra de suite l'arme. Il tenait à présent le garde en joue. L'autre agonisait au sol.
- Mes cours de Judo ont du bon ! pensa-t-il.
- Vite ! dit Johnmyte à Monica. Et lui qu'en faisons nous?
- Donne ! Monica saisit l'arme que lui tendait Johnmyte et sans hésiter logea une balle dans le genou du geôlier.
- Un compte à régler, dit-elle, en montrant son visage tuméfié. Et derechef elle récidiva avec l'autre genou. Le garde perdit connaissance.
Tout alla très vite ensuite.
Johnmyte avait retrouvé une forme de tous les diables. Il souleva Monica qu'il plaça en douceur sur son épaule et direction la sortie.
Au détour d'un couloir, ils tombèrent nez à nez avec un autre garde qui n'eut que le temps de crier "Arfroumfh" en se tenant l'entre jambes, tombant à genou sous la violence de la reprise de volée que Johnmyte venait de lui administrer.
En arrivant à l'extérieur il sentit comme des vibrations au fond de sa poche. C'était le mini-portable de Monica qui dansait la java.
- Je crois que mes potes se réveillent .... Sourit notre héros. Et ça va chier !
Le temps d'échanger quelques mots au bigo et déjà la colonne de phares s'avançait dans la douce musique des moteurs quatre temps de chez monsieur Harley.
- Bobby le pointu ! s'écria Johnmyte, en échangeant de grandes claques avec un géant roux. Celui-ci malgré le froid, n'avait sur le dos qu'un débardeur de cuir. La température de la nuit ne devait pourtant pas être loin de zéro.
- Bobby, dit Johnmyte tu as prévu le side au poil, tu peux emmener ma princesse se faire soigner.
- No blême mon poteau, j'envoie deux gars, on va te la rafistoler nickel-chrome ta nana ! Ha j'ai tout de suite vu que t'avais des sentiments pour elle.
- Bon maintenant faut qu'on retourne la dedans, j'ai un serveur à récupérer.
L'avantage avec Bobby le pointu, c'est qu'il avait toujours l'équipement adéquat, dans n'importe quelle situation. Il sortit toute une artillerie d'un immense sac: fusil à pompe, pistolets, grenades et même un bazooka !
Le gardien que Johnmyte avait esquinté en sortant tout à l'heure, se prit une nouvelle reprise de volée. Cette fois dans le bide. On ne frappe jamais deux fois au même endroit!
- Bon, t'es un gentil garçon alors tu vas me dire où se trouve la boite de conserve que vous m'avez piquée, sinon mes amis vont s'occuper de toi et eux aussi adorent le football ! lui lança Johnmyte d'une voix qui ne supportait pas la contrariété.
- Mais, on l'a plus, le serveur. Il est avec le boss.
- Et il est où Francs Suisses en ce moment ?
- Ben, y devrait plus tarder à revenir, y voulait s'occuper personnellement de votre cas.
- Hé bien on va l'attendre ensemble. Dans ton intérêt vaut mieux qu'il fasse vite, t'es mal en point je crois.
- Bon, Bobby on planque nos carcasses et on les attend bien au chaud.
- Ca roule, Johnmyte !
L'attente fut brève. Une énorme limousine descendait l'allée. Elle glissa le long du perron, quand soudain son chauffeur remit plein gaz.
Elle n'alla pas loin. Une flamme suivie d'une déflagration : le bazooka de Bobby venait d'entrer en action.
La limousine fit comme trois tours dans ses baskets. Son moteur s'éleva dans les airs et ses portes s'ouvrirent sur une silhouette fumante: Francs Suisses hagard et apparemment déconnecté.
Johnmyte fut le plus prompt. Il sauta sur Francs Suisses et secouant ce dernier comme un shaker l'informa de la suite des opérations
- 1. Tu me donnes le serveur. 2. Tu m'expliques ce que tu trafiques avec
et en 3. En cas de non-réponse aux deux précédentes questions, tu te prends un coup de bazooka dans la tronche. Compris ?
Le canon du bazooka sous le nez, le suisse ne se fit pas prier plus longtemps pour répondre aux questions qu'on lui posait.
- Le serveur je l'ai plus, je l'ai laissé chez Gorgonzola à Annecy. C'est à lui qu'ils appartiennent ces putains d'engins. Mais je sais pas ce qu'il veut en faire, je te le jure !
- Mais bien sûr que tu ne sais pas ce qu'il veut en faire ! répondit Johnmyte en collant un coup du canon du bazooka sur le crâne de Francs Suisses. Prends moi pour un débutant aussi ! Tu voudrais me faire croire que tu as laissé les bécanes chez Gorgonzola, comme ça, sans savoir à quoi il les destinait ? Et sans laisser un de tes mecs en sous-marin sur place ? A d'autres ! Bon tu vas cracher le morceau ou je te jure que c'est toi qui vas te retrouver en morceaux !
- Non je te jure que je ne sais pas ce qu'il veut en faire... Mais je pourrais peut-être le savoir en effet...
- Bah voilà on devient raisonnable ! Allez c'est qui la taupe que tu as laissée dans le fromage ?
Le lendemain, un couple,elle portant d'immenses lunettes noires,lui un costume noir ,aux pieds les éternelles Santiags, se présentait à l'entrée de l'hotel d'Albigny, à Annecy.
Ils avaient réservé une chambre, et de celle-ci on pouvait apercevoir le lac.
Johnmyte et Monica bien sûr. Celle-ci récupérait vite. Et ils devaient ce soir rencontrer l'informateur de Francs Suisses.
La rencontre aurait lieu au casino.
Les Hell's trop visibles dans la journée assureraient la garde plus ou moins rapprochée sitôt la nuit tombée.
On toqua à la porte de la chambre. Un groom apportait une enveloppe d'une taille considérable. A l'intérieur de celle-ci, dans une chemise plastifiée, se trouvait la photo du contact de ce soir et des faux papiers pour eux deux.
Ainsi qu'une énorme liasse de francs chuiches, un régal.
Une fois la tenue adéquate enfilée, le couple prit la direction du casino.
Pour passer le temps, Monica claquait à tout va à la roulette.
Johnmyte, absorbé par la partie, ne vit pas l'étrange personnage qui se dirigeait tranquillement vers lui. Il sentit sa respiration au dernier moment.
- Salut Johnmyte content de te revoir ...
Putain, cette voix ....
On aurait dit qu'il avait non pas un chat mais deux ou trois dans la gorge.
- Ainsi tu es ici, mais ce n'est pas toi que j'attendais à vrai dire.
- Celui que tu attends nourrit à présent les poissons et les écrevisses du lac.
Bon, nous sommes attendus. Tu récupères ton prix de beauté, un Riva nous attend, ainsi qu'un repas n'aie crainte.
Monica venait de les rejoindre.
- Monica...Quant à mon ami ici présent on ne prononce jamais son nom. Et c'est mieux ainsi,dit Johnmyte en guise de présentation.
L'étrange personnage esquissa un sourire derrière son long porte-cigarette.
Dehors à quai un marin faisait déjà tourner le moteur de la vedette.
Tout le monde monta à bord de la vedette qui s'éloigna de la rive en ronronnant...
- C'est qui ton ami ? demanda Monica à Johmyte. Tu l'as connu où ? Son visage me dit quelque chose...
- Alors réfléchis bien et tu trouveras. Pour le moment, appelons le X si tu tiens vraiment à lui donner un nom...
Monica regardait X pendant que le vent faisait voler ses cheveux dégageant son visage... Bon sang elle était amochée. Ils n'y étaient pas allés de main morte les autres...
La traversée du lac fut relativement courte et la vedette accosta à un endroit désert.
- Mais il n'y a personne par ici... fit remarquer Johmyte à X.
- Toujours impatient mon gars. Tu changes pas... On va marcher quelques minutes jusqu'au téléphérique. C'est là-haut que ça va se passer, répondit X en désignant un sommet montagneux...
- mais je croyais que le téléphérique du mont Veyreir avait été démoli, s'étonna Johnmyte.
- Exact, mais celui-là est privé et un peu particulier, mais tu verras...
En effet, là ou se trouvait la gare du téléphérique, il ne restait rien.
Par contre au sol un cercle jaune était tracé et sa peinture semblait toute fraîche.
X fit signe à Johnmyte et Monica de le suivre à l'intérieur du cercle.
Johnmyte de plus en plus intrigué se demandait c'est quoi ce truc de ouf.
Et il n'était pas au bout de ses surprises.
X sortait de sa poche un minuscule boîtier sur lequel il appuya.
Si l'on devait un jour demander à Johnmyte ce qui s'était passé, il serait bien en peine de l'expliquer.
Il se sentit comme aspiré et un instant plus tard ses yeux découvraient là....en bas la vallée et les lumières féériques d'Annecy.
Monica à ses cotés vacillait sur ses chaussures à talons.
C'était extraordinaire. Johnmyte n'avait rien compris. Un ascenseur 4ème dimension, une hallucination ....
- Mais c'est quoi ce truc. Comment ça se fait qu'on se retrouve là ! hurla Johnmyte
- C'est une des possibilités des boîtes magiques que tu as trouvées ! répliqua Monsieur X. C'est une forme de téléportation, trop compliqué à t'expliquer là. C'est des asiatiques qui ont mis au point le système, je t'expliquerai plus tard. Maintenant direction le centre d'Annecy.
Et joignant le geste à la parole, il appuya sur la télécommande magique.
Et instantanément ils se retrouvèrent à leur point de départ, juste au milieu du cercle jaune.
- Heu, si je pige bien, dit Johnmyte, c'est un peu comme le R.E.R, tu as besoin de points de départ ainsi que d'arrivée bien précis.
Vrai, ou je me gourre?
- Oui y a un peu de cela, beaucoup reste à faire, et c'est d'ailleurs pour cela que nous avons besoin de l'immense pouvoir de calcul d'une escouade de serveurs reliés entre eux.
Tu me suis?
- Oui, sans blème, et je me dis que je viens de jouer le grain de sable dans ta belle mécanique.
- Exact,car je me doute que tu sais où se trouvent les autres bécanes. Comment elles sont arrivées en ta possession, ça je sais pas… Mais une chose à la fois…
Par ailleurs un projet comme celui la demande de gros, très gros investissements, comme seule la "cosa nostra" peut en dégager,et tout est consigné sur ses serveurs. Sans eux pas une thune et toute la mafia sur le pied de guerre. Tu te la sens? Moi,je dirais plutôt que ça sent le roussi, non?
- Que tu dis, que tu dis !
Et Johnmyte tendit les bras pour amortir la chute de Mr X. Monica, qui jusque là était restée silencieuse, une seringue à la main venait de le shooter.
- Effet immédiat, il roupillera pendant deux heures, commençait à m'agacer ton Mr X !
- J'appelle les Hell's, y ont du nous repérer maintenant avec la balise Argos
qu'on se trimballe. Bon, mon empire pour une fontaine de bière blonde et légère. M'a filé la pépie son voyage "sidéral".
Les hells se trouvaient à quelques kilomètres de Johnmyte et Monica et en moins de 10 minutes vinrent récupérer monsieur X pour le mettre à l'abri en attendant la suite des opérations.
Johnmyte, Monica et Bobby le pointu se posèrent un moment dans un troquet helvetique, assis autour d'une petite table copieusement garnie de chopes de bière, de la Klosterbrau Blonde.
- Tu sais Johnmyte, je repensais à ton truc. Et plus j'y réfléchis et plus ça sent les siciliens pour moi cette histoire. Lança un Bobby, la barbe pleine de mousse de 5ème chope.
- En plein dans le mille mon Boby. Répondit Johnmyte. Monsieur X commençait à nous en parler avant que Monica nous le fasse taire
- J'y peux rien, répondit cette dernière. Son coté premier samedi du mois m'agaçait trop. Fallait que je le fasse terre !
- bon,nous on retourne à l'hotel,assura Johnmyte. Tu nous gardes notre poisson X au frais, Bobby.
-ouais t'inquiètes d'ici à demain il aura plein de choses à nous dire,le mafieux. En attendant moi je reste encore descendre quelques pintes,faut que j'entraine pour la saint-patrick,foi d'irlandais.
De retour à l'hotel,Johnmyte s'empressa de bigophoner au pays, prendre des nouvelles de Choi et de la marchandise.
- Johnmyte? A ça fait plaisir! dis donc t'as vu les nouvelles?
- ben,non? Quoi...
- Zidane! On a enlevé zizou!
A l'autre bout du fil ,Johnmyte faillit en lacher le combiné.
L'affaire, depuis ce matin, faisait grand bruit, en effet. Il fallait être coupé du monde comme Johnmyte et Monica en ce moment, pour avoir loupé l'info.
De toutes les capitales européennes et même mondiales, les plus illustres pantins de chaque gourvernements y allait de leurs commentaires. Jusqu'au clown désarticulé du Vatican, qui apelait le monde entier à prié pour le saint-chauve au pieds bénis.
Monica posa devant Johnmyte le Libé du matin dans lequel un article très interessant décrivait la disparition de Zizou et parlait de l'énigme"du cercle jaune qui était tracé à la peinture, sur le parking, près de la voiture de la star du Réal."
Ce soir l'OM affrontait Monaco au Stade Louis de mes deux, et Johnmyte avait très envie de trainer ses santiags de ce coté là.
- Monica, mon petit doigt me dit qu'on devrait faire un petit tour du coté de chez Albert. Si ça te dis ma poule !
- C'est ton petit doigt ou tes méninges qui te font penser que le marseillais le plus célèbre du moment c'est fait "télétransporté" pas très loin de sa cité natale ?
Marseille .... Johnmyte était certain qu'un nouveau rebondissement de cette affaire des "serveurs" se trouvait là-bas.
Le soir meme une ferrari pénétrait dans la principauté. A son bord Monica et Johnmyte. La voiture appartenait à Mr X et celui-ci n'avait pu refuser de la preter,Bobby ayant lourdement insisté .
X ne leur avait rien appris d'autre,si ce n'est que le boitier était à présent inutilisable. Il fallait remonter à la source, et sans nouvelles de X , l'engin avait été désactivé.et X n'était plus qu'un nom au bas d'un contrat.
- 17h00,nous avons trois heures avant l'ouverture des grilles,dit Johnmyte.
- oui,et moi je vais te laisser ,ici aussi y a un casino, et qui dit casino dit mafieux et coe,et ça c'est mon rayon,so long Johnmyte.
Et Monica s'éloigna dans un roulement de hanches.
Bon se dit Johnmyte ,allons y pour la tournée des troquets. Voyons ce qui se dit sur notre affaire.
……..
Bien plus tard
Johnmyte avait ressorti son vieux perfecto. Un peu poussiéreux. Le forum l'avait laissé en rade, en plein milieu d'une aventure. Et il venait de passer six mois à faire la plonge dans un palace de la cité monégasque, ceci afin de payer ses dettes et refaire le plein de gazoline pour son chopper. Ha ! Il lui tardait de retrouver son dolmen et dejà il salivait à l'idée d'un beau plateau de langoustines.
Enfin, à toute chose malheur est bon, il avait ainsi réussi à trainer ses guêtres du côté du 'festival' de Cannes. Et depuis longtemps déjà il connaissait toutes les astuces pour franchir les colosses préposés aux entrées et profiter de ces rassemblements hystérimégalofriqués. Il gardait cependant un excellent souvenir d'une soirée particulièrement arrosée en compagnie du présentateur vedette de canal, vous savez, le spécialiste du trot monté.
Maintenant il lui tardait de quitter ce job de loufiat et surtout il tenait à être rentré pour participer au référendum sur la 'constitution'.
Demain matin il prendrait la route, une seule traite jusqu'à destination, comme un ange de l'enfer.
Un pote, 'disquaire' dans une boite de la Torche lui avait il y a un mois de cela descendu sa harley. Ho, Johnmyte avait pété les plombs, de joie bien sur, et tous les soirs il se payait la corniche dans le vrombissement du quatre-temps. Mais ma doué, il lui manquait autre chose, peuchêre!
Une chose le hantait nuit et jour : un sentiment de culpabilité mêlée de honte. Repu des longues soirées de la côte d'azur, il s'était rapidement rendu compte que sa vie devenait chaque jour fade. La lassitude le gagnait. Ce brutal retour à la réalité, c'était pire que la plus grosse des gueules de bois. Johnmyte s'était pris au jeu de la séduction avec les hautes gens, avait conquis 'marquises' et autres baronnes. Il lui fallait se ressaisir.
Et rien de tel qu'un retour aux sources, de plus il lui fallait oublier le dernier échec de l'affaire des serveurs. Là il avait mis le doigt sur une affaire d''espionnage' qui demandait des moyens financiers et logistiques qu'il ne possédait pas. Mais qui sait si un jour cette affaire ne ressurgirait pas. En tout cas il avait récupéré avec l'aide de Monica le fabuleux Zizou, c'était pas rien quand meme.
Et aujourd'hui il dévorait les kilometres. ha il allait le revoir son phare et avec un peu de chance il serait à l'heure pour le debut du 'fest-noz'.Hélas perdu dans ses pensées Johnmyte ne vit qu'au dernier moment le sanglier qui traversait la route et voulant l'eviter ,il quitta sa voie et percuta de plein fouet un gros bahut.celui-ci mit bien plusieurs centaines de metres pour s'arreter.Johnmyte venait de connaitre le sort de ces millions d'insectes, qui cet été encore s'applatiront sur les pare-brises et visières de casque et voitures.
C'est ainsi "qu'un ange en colere venait de renvoyer ses chaines et son cuir en enfer...et ça fait mal." Higelin.
Les pompiers venaient juste de déposer le corps de Johnmyte à la morgue de l'hôpital (de Quimper, si près de son but...) que se présentait à l'hosto une drôle de procession.
Trois bigous coiffes aux vents et un mystérieux personnage vêtu de peaux de bétes, portant une couronne en goémon qui faisait resortir des yeux de folie, suivi d'un personnage tout de blanc immaculé, une serpe dorée à la taille.
L'odeur étrange de ces visiteurs subsistait encore dans la pièce que déjà ceux-ci avaient dans un souffle embarqué la dépouille de Johnmyte, et personne ne songea à leur barrer le passage. Et entre leurs dents commençait à s'élever une étrange litanie, mélopée qui prit de plus en plus d'ampleur comme le curieux convoi arrivait à l'orée d'une clairière. Au centre de celle-ci trônait un immense chaudron.
Du profond de la forêt on percevait le bruit des branches de 'gui' qu'une armée de druides coupaient, non sans les avoir soigneusement choisies. D'autres, le regard vrillé au sol, collectaient divers champignons.
Le mystérieux personnage à la couronne de goémon s'activait autour du chaudron, tandis que les trois bigous, maintenant rejointes par une flopée d'autres personnages, indiens des hauts plateaux, chinois des dix vallées, Sadhu hindou, d'authentiques descendants Lutéciens, reprenaient en choeur un chant dicté par un chaman aux yeux fiévreux.
Le chaudron entrait en ébullition et petit à petit on y déversait gui, champignons, bave de crapaud et autres ingrédients.
Le soleil disparaisait derriere l'horizon,un étrange nuage vert s'échappait de la marmite et tous se présentaient en file indienne,une écuelle à la main.Les druides amenaient sur un brancard de feuillage ,le corps dévétu de Johnmyte. Un puissant 'silence' se fit,tandis que
les yeux "de couronnes de goémon" se mettaient à émettre de puissants éclairs.le corps de Johnmyte fut nimbé d'une étrange lueur verdatre.
Dans le meme temps,son corps format un arc de cercle, fut parcouru de secousses. Cela dura dix ou vingt secondes,puis Johnmytte fut expulser de la table et roula au sol. Sa poitrine a nouveau se gonfla, l'air emplissait ses poumons et de la gorge de johnmyte surgit un cri primal. Aussitot les participants de cette party 'orgiaque' vidèrent le contenu de la marmite. Et longtemps d'étranges bruits et clameurs envahirent la foret.
Johnmyte était de retour au pays des vivants.
De Cam
Bordel quelle fin! Désolé Kilu j'ai rédigé qu'un épisode, mais j'ai pris le train en marche (j'avais lu une bonne partie d'un épisode quand j'ai appris que c'était le 2eme), du coup j'étais un peu décalé sur les références entre toi et Eckmühl.
de kilu
ouais bon il est toujours en vie...en fait j'ai du rediger la fin ,et je n'ai pas vu d'intervention d'Eckmuhl depuis que nous sommes sous wiki.avant y avait Eck et Patty qui intervenaient...seul j'ai un peu tendance à m'embringuer dans des histoires pas possibles...
bon y faudrait lancer un avis savoir qui souhaite rediger une new story et si amateur il y a organiser une "formation" au wiki....
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